Ringuette, cancer du sein et Mère Teresa

TOURNOI. Marie-Ève D’Aoust aurait pu profiter de sa fin de semaine de congé avec le Fusion de Gatineau, mais elle a plutôt décidé de parcourir les arénas.

Pour quelle raison? L’attaquante de 5’4 jouera le rôle de la présidente d’honneur du 36e tournoi de ringuette de Gatineau qui prend son envol jeudi soir. Un chapeau qui s’ajoute à sa collection.

Car quand la paramédic de 29 ans n’est pas en service, elle enfile le chapeau d’entraîneure. Quand ce n’est pas le cas, elle donne un coup de main au programme sport-études à la polyvalente Nicolas-Gatineau ou aide à la tenue du camp RingFit.

Toutes ces besognes lui ont valu le titre de la Mère Teresa dans le monde de l’anneau, toujours prête à mettre la main à la pâte. Et pour elle, c’est tout à fait normal.

«Je redonne à la communauté. Le tournoi a tellement fait pour moi et m’a apporté beaucoup.»

D’Aoust a pris part à trois Jeux du Canada et huit championnats canadiens. Elle s’était exilée à Calgary – alors qu’elle baragouinait l’anglais – pour jouer dans la Ligue nationale de ringuette, car Gatineau n’avait toujours pas d’équipe à l’époque.

Mais lorsque le Fusion a embarqué dans le circuit élite, il n’en fallait pas plus pour convaincre la Gatinoise de faire ses valises et revenir dans son patelin. Bref, l’organisation du tournoi voit en elle un exemple à suivre pour ses jeunes joueuses qui pourraient suivre ses pas dans les prochaines années.

Elle se dit attachée à sa région, sa ville natale. Être présidente d’honneur du plus gros tournoi au Québec en termes d’inscriptions – à l’exception des championnats provinciaux, fait naître en elle un grand sentiment de fierté, décrit-elle.

«J’ai commencé la ringuette, j’avais quatre ans. Ça fait 25 ans que je participe à ce tournoi, soit comme joueuse ou entraîneure. Gatineau a toujours été bien structurée. Quand j’étais dans l’ouest, j’en entendais même parler.»

Ce n’est pas pour rien que plus de 80 équipes du Québec, de l’Ontario et même une du Manitoba s’affronteront pour les grands honneurs dans 14 catégories différentes. Au total, ce sont plus de 1100 joueuses qui fouleront la glace d’une des cinq patinoires.

On verra l’anneau circuler aux arénas Campeau et Baribeau ainsi qu’au stade Pierre-Lafontaine, en plus de l’aréna Robert-Rochon et du centre sportif de Buckingham. Quatre d’entre eux accueilleront au moins une finale dimanche.

On a même opté pour la nouveauté. Le 36e tournoi sera lancé jeudi avec une partie spéciale opposant des filles d’âges moustique.

Ce n’est pas tout. Encore une fois, le rose sera mis en avant plan. Des points de service seront installés dans chaque aréna où les gens seront invités à effectuer un don pour la cause contre le cancer du sein.

«Une femme sur neuf sera touchée par cette maladie au cours de sa vie. Puisque la ringuette est un sport uniquement pour les filles, c’est une joueuse sur neuf qui sera atteinte», a mentionné Stéphane Chartrand, directeur du tournoi.

Le 36e tournoi en chiffres

Une montagne de joueuses

Plus de 1100 filles croiseront le fer dans 14 catégories

Des dizaines de clubs

Au total, 80 équipes convergeront à Gatineau

Trois jours de compétition

Soit un total de 150 matchs

Cinq patinoires monopolisées

Gatineau, Buckingham et Masson-Angers à l’honneur

Près de 60 équipes de l’extérieur de l’Outaouais

L’économie roulera à Gatineau

Et tout ça grâce à qui?

Une centaine de bénévoles nécessaires

 

Source : Antony Da Silva-Casimiro
http://www.info07.com/Sports/2015-12-02/article-4363054/Ringuette%2C-cancer-du-sein-et-Mere-Teresa/1