La ringuette et les mille et une passions de Janie Matte-Laramée

Par Daniel LeBlanc, Info07, Outaouais
le 28 décembre 2009

L’équipe du Fusion de Gatineau compte dans ses rangs une jeune femme qui croque à pleines dents dans chacun des moments de la vie. La Revue a rencontré Janie Matte-Laramée, à l’aise partout là où ça bouge, de la patinoire au restaurant en passant par les hôpitaux. Étudiante en sciences infirmières à l’Université du Québec en Outaouais (UQO), la joueuse de ringuette de 20 ans (elle soufflera 21 bougies à la veille du Jour de l’An!) est reconnue par ses pairs pour sa fougue sur la glace comme à l’extérieur.

Elle qui en est à sa seconde année avec la formation pilotée par George Harvey, l’ailière ne laisse personne indifférent malgré son gabarit relativement petit, soit 5’3" et 120 livres. «Aucune joueuse ne me fait peur quand je suis en plein cœur de l’action», affirme la porteuse du chandail numéro 12.

La passion de la jeune femme pour ce sport typiquement féminin remonte à la fin des années 90, après avoir abandonné le patinage artistique qu’elle a pratiqué pendant quelques années. C’est à l’âge de 11 ans qu’elle a donné ses premiers coups de patin avec un bâton en main et un anneau sur la glace, après que son père ait proposé à elle et sa sœur Stéfanie d’essayer ce sport. En très peu de temps, ç’a été le déclic et elle a trouvé que la ringuette collait à sa peau.

«J’ai tout de suite aimé ça, je suis tombé en amour. J’ai immédiatement su qu’il s’agissait d’un sport qui me permettrait de me dépasser et de faire sortir mon agressivité», lance l’étudiante universitaire, qui croit fermement que le Fusion a le potentiel pour bien se classer cette saison et obtenir son laissez-passer pour le Championnat canadien de ringuette, qui aura lieu à Saskatoon du 4 au 10 avril. Il faut dire que l’an dernier, à sa première année d’existence, l’équipe a frôlé cet objectif. Jusqu’à maintenant cette saison, le Fusion présente une fiche de quatre gains et sept revers, ce qui lui confère le huitième rang parmi 12 équipes dans la Conférence de l’Est.

Consciente qu’il serait difficile d’accéder aux niveau provincial et national, Janie sait qu’elle aura des choix à faire éventuellement et que sa future carrière d’infirmière prendra davantage de place dans sa vie. Voilà pourquoi elle tient à ce que le Fusion se démarque «On a le potentiel pour gagner. Moi, je me dis que si l’on donne notre 110%, on n’aura rien à se reprocher par la suite. C’est ma philosophie dans la vie de tous les jours aussi», indique la jeune femme.

Il y a deux ans, elle a d’ailleurs cessé de jouer pendant une année afin de ne pas avoir à s’aligner à une formation ontarienne. «Pour moi, la ringuette, c’est vraiment un sport gatinois. J’ai alors arrêté de jouer en espérant qu’une équipe serait créée de ce côté-ci de la rivière», de dire celle qui a tenté en vain d’être choisie au sein de l’équipe du Québec il y a quatre ans.

Également entraîneur d’une équipe atome A, Janie Matte-Laramée a une opinion claire lorsqu’on la questionne au sujet de la place qu’occupe la ringuette dans le grand monde sportif. «Les gens ont souvent une vieille idée de la ringuette, certains croient même que c’est comme du ballon-balai. On dirait qu’ils ne se donnent pas la peine de comprendre le jeu. Ce n’est pas non plus du hockey féminin. Même qu’en réalité, ça ressemble davantage au basketball qu’au hockey. C’est un très beau sport, suffit de le connaître», lance-t-elle.

Serveuse au restaurant La Cage aux Sports, l’étudiante s’est d’abord intéressée à la nutrition après avoir complété des études collégiales en sciences de la nature, mais a finalement arrêté son choix sur les soins infirmiers. Une décision qu’elle ne regrette pas. «Je vois dans ce domaine-là beaucoup de choses que je veux dans ma carrière. Il y a du travail d’équipe, ça bouge constamment et il y a un contact avec les gens sans arrêt. Je pense bien que je vais adorer ça. Je me vois même à l’urgence, sauf que je vais attendre d’avoir complété mes stages avant de me faire une idée», soutient-elle.

Volleyball de plage, planche à neige, gymnastique, danse, tennis, entraînement physique et ski alpin, nommez-les tous, la jeune femme est fort active et a essayé une foule de disciplines. Comme si ce n’était pas assez, elle a même joué au soccer pendant plusieurs années.

La saison régulière du Fusion de Gatineau s’achèvera en mars. Après une pause du temps des Fêtes, la troupe reprendra le collier la fin de semaine du 9 et 10 janvier alors qu’elle sera sur la route pour y disputer un véritable marathon contre quatre équipes ontariennes en 24 heures, soit les Turbos de Cambridge (samedi 15h), le Wildfire de Waterloo (samedi 19h), le Wild de Whitby (dimanche 8h15) et le Lightning de Richmond Hill (dimanche 13h). Quant au prochain match local de l’équipe, il est prévu le 16 janvier à 19h au Centre Robert-Guertin contre les Devils de Gloucester.

Photo: Janie Matte-Laramée évolue pour le Fusion de Gatineau depuis l’an dernier. (Photo: Daniel LeBlanc)